........Prenant ma respiration, je plongeai ma tête sous l'eau chaude de la baignoire, m'isolant de tous bruits extérieur. Ce silence... Il était devenu tellement pesant à présent. Moi qui l'appréciais il y a un certain temps, lorsque mes oreilles bourdonnaient encore, lorsque l'agitation faisait partie intégrante de ma vie... Pourrais-je retrouver cette sensation ? Eprouver comme autrefois un bonheur intense et inconscient ? Sûrement pas... A bout de souffle, je sortis la tête de l'eau et pris une grande respiration. Mon c½ur accéléra aussitôt et je sentis le sang battre dans mes tempes. Je te hais !
........Dans le salon, le téléphone retentit. M'extirpant du liquide encore fumant, j'enfilai un peignoir et frottai rapidement mes cheveux à l'aide d'une serviette. A la cinquième sonnerie, je reconnu immédiatement le numéro affiché sur le petit écran et décrochai avec empressement.
- Que veux-tu ?
- Tu pourrais commencer par un bonjour.
........Entendre sa voix me procurais un tel soulagement... Je me sentais soudainement exister. Seulement, j'étais bien trop fière pour le lui montrer.
- Je n'ai pas que ça à faire, repris-je sur un ton sec. Qu'est-ce que tu me veux ?
- C'est sûr, tu as beaucoup de choses à faire à par te morfondre seul dans ton appartement. Il faut que je te parle...
- Eh bien je t'en pris, parle !
- Non ! Je veux te parler en face. Tu pourrais faire l'effort, s'il te plait, de passer chez moi ?
- Si tu y tiens... J'arrive dans environ une heure.
- Merci. Merci beaucoup. A tout à l'heure.
........Je raccrochai aussitôt et me précipitai dans la salle de bain où je m'emparai de mon sèche-cheveux.
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........Hésitant quelques secondes, je me décidai à frapper à la porte de son appartement. Je perçu le bruit de la serrure et de la chainette. A peine eu-t-il entrouvert la porte que son odeur rassurante m'envahit. Il me fit signe d'entrer, ce que je fis aussitôt. Dans l'immense pièce, inondée par les rares rayons du soleil en cette période d'hiver, je revivais une époque révolue. Ma gorge se serra, les souvenirs plus présents que jamais...
- Comment vas-tu ?
- Cela vaut-il vraiment la peine que tu le saches ? demandais-je amèrement.
........Otant mon bonnet, mon écharpe et ma veste, je m'installai dans le canapé en cuire noir.
- Alors, qu'as-tu de si important à me dire ?
- Un nouveau groupe démarre sur scène. Ils sont bien partit et ils ont besoin de moi. Je marche avec eux.
- Qu'est-ce que tu me racontes ? Tu vas jouer dans un autre groupe que le notre ? questionnai-je complètement hébété.
- Il n'y a plus de notre. C'est fini.
- Comment peux-tu me faire ça ?! Comment peux-tu nous faire ça ?! Comment peux-tu leur faire ça à eux ?! hurlais-je partagé entre rage et profonde tristesse.
- Oh ! Arrête ton numéro... Le nous n'existe plus ! Et eux, comme tu dis, je vais les revoir.
- Que fais-tu de tout ce qu'on à vécu ? Tu jettes tout ça à la poubelle ? Tu laisses tout tomber ? Que fais-tu de moi ? Pourquoi m'abandonnes-tu ?
- BILL ! Bon Dieu ! Je ne t'abandonne pas mais j'avance, je continue ma vie ! Arrête de vivre dans le passé ! Va de l'avant !
- Tu fiches tout en l'air !
- Non ! Tout est déjà fichu en l'air depuis longtemps ! Et ce n'est pas de ma faute ! Ne me mets pas ça sur le dos ! Si tout est fini, c'est à cause de toi ! Ne fuis pas la réalité !
........Mes mains tremblaient, ma voix se cassait au fur et à mesure que je criai. J'avais mal à la gorge et mes yeux me piquaient. Saisissant le vase posé sur la table basse, je le jetai vers lui. Il se brisa sur ses avant-bras qu'il avait par réflexe mit en avant pour se protéger. Alors mes jambes cédèrent. Mon être tout entier céda... Imbécile ! Il n'était qu'un imbécile ! Pourquoi me laissait-il tomber... ? Pourquoi me faire aussi mal... ?
- Tu es devenu bien fragile Bill... Excuse-moi.
........Il s'agenouilla en face de moi et m'entoura de ses bras.
- Arrête de pleurer, ressaisit-toi s'il te plait.
- Je veux que tout redevienne comme avant... hoquetais-je.
- Détache-toi du passé Bill, sinon moi aussi je vais stagner...
........Il resserra son emprise autour de mon corps.
- Il y a une deuxième chose que je dois te dire... Elle est revenue.
........Me redressant, je le regardai les yeux écarquillés. Mes sanglots avaient cessés, laissant place à une grande stupéfaction. Elle était revenue... ?
- Qu'est-ce que tu racontes Tom ?
- Alwena est revenue.
- Non...₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
Flash back........Riant aux éclats, nous entrâmes dans le bar. Tom prit soin de choisir une table dans un coin à l'écart de la foule qui s'accumulait à l'intérieur. Qu'est-ce que ça faisait du bien de sortir et faire les fous ! Lorsque la serveuse arriva, Gustav nous commanda quatre bières. Mon jumeau la lorgnait avec un sourire en coin et lorsque la jeune blonde le remarqua, elle s'empourpra.
- Tom, arrête de vouloir sauter sur tout ce qui bouge.
- Bah quoi ? Mon frère chéri serait-il jaloux ? me taquina-t-il.
- Oui, je suis tellement jaloux que j'irais jusqu'à massacrer la prochaine fille qui t'approchera. Tu es mon frère à moi !
........Il rit tout en me gratifiant d'un clin d'½il complice.
........Au bout de trente minutes, quatre autres bières furent apportées à notre table.
- Désolé les gars, je dois aller à l'endroit où l'on va seul !
- Va ! dit Georg bouteille à la main.
........Soulageant ma vessie à l'urinoir, pour dire élégamment, je vis une jeune fille arriver en trombe, pousser la porte d'une toilette et vider ses entrailles dans la cuvette. Elle avait l'air mal en point... Après avoir remonté ma braguette et m'être lavé les mains, je me dirigeai vers la petite brune agenouillée par terre.
- Ca va aller ?
- Ou...Oui, je crois. J'ai sans doute trop forcée sur l'alcool. Moi qui ne bois jamais d'habitude... Je n'aurais pas soupçonnée que vous fréquentiez ce genre d'endroit.
........Elle se passa de l'eau sur le visage et en bu un peu.
- Bill Kaulitz dans un bar quelconque, c'est bizarre.
- Evitez de le crier sur tous les toits s'il vous plait.
- Faite-moi confiance. Bon, je pars retrouver mes amis. Au plaisir de vous avoir vu.
- Attendez ! Votre prénom ?
- Alwena. Alwena Auxentius...
........Alwena... x-fict-h-x ©